Couture

Préambule au manteau Simplicity 2508 : techniques et ressources

Si vous me suivez régulièrement sur Instagram, vous avez dû voir qu’en couture, j’ai inauguré 2017 avec la réalisation d’un manteau. Avant de vous en parler plus longuement, il m’a semblé intéressant de vous présenter le cheminement qui m’a amenée à m’inspirer de la méthode tailleur pour le réaliser, ainsi que les ressources que j’ai utilisées.  En fin d’article, vous trouverez quelques photos prises lors de la réalisation de mon manteau avec quelques remarques.

Loin de moi de vouloir vous donner un cours sur la méthode tailleur. Je n’en ai pas les compétences. On ne s’improvise pas tailleur. La formation est longue et difficile comme le montre le témoignage de Julien Scavini (il tient  un blog très intéressant : Stiff Collar). J’écris donc cet article tout à fait en amateur.

Néanmoins, avant d’entrer dans le vif du sujet, voici la définition de la technique du « tailleur » en opposition à celle du flou selon une présentation faite au CNAM en 2012, dans le cadre de la rénovation de la filière des métiers de la mode.

La technique du « tailleur », qui se distingue de celle du « flou », désigne les méthodes de construction et de réalisation de vêtements structurés aux lignes découpées. Cette catégorie regroupe des produits de type vestes, manteaux, jupes, pantalons… Elle implique généralement une silhouette près du corps, l’utilisation de draperies plus ou moins lourdes traditionnellement renforcées d’entoilages.

La technique du « flou », qui se distingue de celle du « tailleur », désigne les méthodes de construction et de réalisation de vêtements souples et déstructurés. Cette catégorie regroupe des produits de type robes et ensembles, chemises et chemisiers, layette et vêtements d’enfant, vêtements d’intérieur, et tous vêtements réalisés dans une étoffe fine et souple.

Des lignes nettes

Le premier livre sur la couture que j’ai eu dans les mains est La Grammaire de la couture de Burda. Une vraie bible à mes yeux ! A l’époque, je me souviens avoir été fascinée par ces photos :

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Je n’y comprenais pas grand-chose, mais en ces images, j’ai vu un idéal à atteindre : réaliser un jour une veste dans les règles de l’art.  Programme ambitieux auquel j’ai très vite renoncé : on ne met pas la charrue avant les bœufs ! Tout d’abord il fallait que j’apprenne à coudre.

Il y a un peu moins de deux ans, suite aux articles d’Annie Coton et surtout à ma rencontre avec Couture in Love, j’ai recommencé à m’intéresser aux méthodes tailleur et à conscientiser ce que ce terme sous-entendait. En effet, à chaque fois que je réalisais une veste ou un manteau, j’étais déçue de son tombé et de son manque de tenue. Avec le recul, je trouve que mon Roger ressemble plutôt à une masse informe, je l’ai d’ailleurs très peu mis. Quant à mon manteau rouge, même si je le porte très souvent, il est également un peu trop souple à mon goût et certaines lignes manquent de netteté (la bande boutonnage qui vrille vers l’intérieur), mais vu le type de modèle, cela me gêne beaucoup moins dans ce cas-ci.

Peu à peu, j’ai donc compris que si je voulais un manteau avec un tombé net, il fallait agir de l’intérieur au moyen d’entoilages, d’épaulettes… pour créer en quelque sorte une sous-structure. Dans un premier temps, j’ai utilisé de l’entoilage thermocollant pour structurer mon vêtement comme dans le cadre de ma veste Camélia. Néanmoins, lorsque j’ai vu sur Instagram le travail réalisé par Couture in Love dans le cadre de son manteau Quartici, ou encore , je me suis rendue compte qu’il y avait tout un monde de techniques que j’ignorais et j’ai donc commencé à m’informer plus sérieusement sur le sujet.

Les ressources utilisées

Le manteau dont je vous parlerai dans mon prochain article n’a certainement pas été réalisé dans les règles de l’art. J’ai commis des erreurs au niveau de l’application de l’entoilage et par ailleurs, je n’ai  pas encore parcouru entièrement la plupart des ressources que je vais vous présenter. A mes yeux, rien ne vaut un projet concret pour s’exercer et si j’avais dû prendre le temps de bien assimiler la théorie, j’aurais sans doute terminé mon manteau en 2018 !

En français, à ma connaissance, il n’existe qu’un seul ouvrage sur la méthode tailleur : Yukio KAKITA, L’Art du Tailleur, aux éditions ESMOD. Je ne l’ai jamais eu en main, mais Le Fil à la gratte m’en a dit du bien. Etant donné que j’avais lu sur Internet que certaines se plaignaient du manque d’explications sur la mise en œuvre des techniques utilisées, j’ai préféré acheter cet ouvrage conseillé par une personne sur Thread and Needles.

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Il s’agit d’un petit ouvrage de 127 pages qui date de 1988. Selon moi (mais je ne suis pas une experte !), il est très complet et aborde toutes les étapes nécessaires à la réalisation d’une veste tailleur, du choix du tissu aux finitions. De manière générale, chaque chapitre comprend de nombreux pas à pas richement illustrés. Par ailleurs concernant l’entoilage, les trois méthodes possibles (à la main, à la machine, avec un entoilage thermocollant) sont à chaque fois expliquées.

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Au niveau des cours en ligne, là encore peu de chose dans le monde francophone si ce n’est le cours donné par Pauline Alice sur Artesane. Néanmoins, je ne l’ai pas testé et j’ignore dans quelle mesure elle applique les techniques tailleur. La créatrice étant connue pour son perfectionnisme et sa rigueur, ce cours peut certainement constituer une première approche intéressante.

Toutefois, j’ai préféré me tourner vers Craftsy dont l’enseignement correspond mieux à mes attentes. J’ai donc visionné deux cours de Steffani Lincecum sur Craftsy (À noter, qu’il existe beaucoup d’autres cours sur la méthode tailleur sur Craftsy, comme celui-ci ou encore celui-là) :

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Image extraite du cours Inside Vogue Patterns : Coatmaking Techniques assemblage de la doublure au corps du vêtement.  

Comme d’habitude chez Craftsy, le contenu est très pédagogique et de grande qualité. Pour info, ces deux cours comprennent chacun un patron pochette qui vous sera envoyé par la poste sans frais supplémentaire. Dans un futur proche, je compte réaliser la veste du premier cours en le suivant cette fois-ci méticuleusement, car pour l’instant, je n’en ai visionné que 50 %. En fait, j’ai surtout eu recours à ce cours pour l’entoilage et la réalisation des « renforts » au niveau de l’emmanchure et du dos.

En revanche, j’ai suivi entièrement Inside Vogue Patterns : Coatmaking Techniques. Je recommande vraiment ce cours à tous ceux qui souhaiteraient progresser dans la réalisation d’un manteau sans pour autant verser dans la méthode tailleur traditionnelle. Tout y est instructif et même si vous ne comptez pas mettre en œuvre toutes les techniques, vous y glanerez toujours plusieurs astuces qui feront la différence au niveau du rendu final de votre manteau.

Je clôturai cet article avec quelques photos prises lors de la réalisation de mon manteau. Je suis désolée pour la qualité médiocre des illustrations de ce billet, mais je les ai toutes prises avec mon téléphone.

Pour une présentation plus détaillée de mon manteau du point de vue du modèle, de la coupe… C’est ici.  

A très vite,

Mademoiselle Bli

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La parementure devant est entièrement entoilée. Des « renforts » en toile tailleur (le tissu gris beige) ont été ajoutés au niveau des emmanchures, du haut du dos et des épaules. Un ruban sergé blanc a été inséré le long des bordures devant et autour de l’encolure afin d’éviter les déformations.

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Des bandes d’entoilage ont été ajoutée au niveau des ourlets. Normalement, elles auraient dû être coupées dans le biais et être un peu plus hautes.
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Détail de l’entoilage à la main au niveau du col inférieur. Là aussi j’ai commis une erreur. Mes points à la main ne sont pas exécutés correctement, car ils sont tous réalisés dans la même direction alors que normalement ils devraient s’opposer entre chaque ligne.
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29 réflexions au sujet de « Préambule au manteau Simplicity 2508 : techniques et ressources »

  1. Je suis fascinée par la méthode tailleur, je suis en train de visionner les cours Craftsy. Je suis d’accord avec toi, c’est en se lançant qu’on apprend ! Donc merci du partage, j’ai hâte de voir le billet général sur le manteau et ton impression sur le ‘mouvement’ de la laine avec les parties travaillées selon la méthode tailleur 🙂 Et il est encore temps, belle année 2017 !

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    1. Bonne année à toi aussi. Je suis ravie de voir que cet article intéresse un certain nombre de personnes. Concernant les cours sur Craftsy, on a l’embarras du choix. Je serais curieuse de connaître ton avis sur les autres cours de « tailoring », notamment ceux d’Alison Smith si tu les as testés. Je pensais pour le prochain choisir celui de Pam Howard sur le fitting : https://www.craftsy.com/sewing/classes/jacket-fitting-techniques/35735 ; mais j’hésite encore.

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      1. J’ai encore quelques heures de visionnage pour les cours d’Alison Smith… et toujours le blazer à coudre (Steffani Lincecum). Par contre, j’ai parcouru le livre ‘Classic Tailoring Techniques for Menswear’ (Roberto Cabrera & Denis Antoine). C’est pour hommes et il est en noir et blanc, pourtant je le trouve pratique, il y a les ajustements pour les plis disgracieux (adaptés à la morphologie des hommes mais la ‘conséquence’ pli-patron me semble transversale/en tous cas à tester sur un patron pour femmes) et, pièce par pièce, les explications pour la méthode tailleur. Mon prochain défi est de coudre un waistcoat pour mon amoureux, les explications me semblent claires, je vais partir d’un patron Burda et faire comme toi, me lancer et puis tirer les conclusions de mon expérimentation 🙂

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  2. Ton article est très intéressant pour toutes celles qui comme moi ont appris à coudre sur le tard et avec internet. Je vais essayer de coudre un manteau cette année et je glane des informations un peu partout pour qu’il soit portable à défaut d’être cousu avec toutes les techniques que je ne connais pas. Merci et bonne journée.

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    1. Bonjour Jalyla, si tu n’as jamais cousu de manteau, je pense qu’il vaut mieux te tourner vers le cours de Pauline Alice pour une première approche, et ce même si tu ne comptes pas faire la veste Saler : https://www.artesane.com/cours/coudre-une-veste-tailleur/ Maintenant, si tu es très à l’aise avec l’anglais, n’hésite pas alors à te tourner vers Craftsy : https://www.craftsy.com/sewing/classes/inside-vogue-patterns-coatmaking-techniques-v9040/35660. Et comme je le dis dans mon article, n’hésite pas à te lancer ! C’est en faisant des erreurs que l’on progresse.

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  3. C’est marrant, je possède ce livre, qui fait partie d’une série de 12 « tomes » (concocté par
    singer en 1989), avec lesquels j’ai appris, en autodidacte, la couture. J’ai beaucoup appris avec ces bouquins que je trouve bien faits. J’en parle d’ailleurs en préface dans le blog que je viens d’ouvrir. J’ai fait un stage chez un ancien premier d’atelier de haute couture et lui ai montré. Humpf ! A-t-il dit. Mais bon, c’est un haut-couturier. Je reste une couturière « ménagère ». Je trouve que tu t’es impliquée à fond dans cet exercice et que tes résultats sont très probants. Merci de me lire (un peu longuet le post) et au plaisir de te lire. Et bravo ! (Le tien est en anglais, le mien en italien, haha !)

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    1. Merci beaucoup. Ah ! Je ne savais pas que le bouquin édité par Singer faisait partie d’une série, mais c’était peut-être mentionné dans l’introduction que je n’ai bien sûr pas lue. Quelle chance tu as eue de faire un stage auprès d’un vrai professionnel ! C’est un de mes rêves en couture. Tu devrais relater ton expérience sur ton blog 😉

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    1. Merci. Je suis ravie d’apprendre que mon article t’a intéressée. Je pense que l’on peut très bien obtenir un résultat satisfaisant sans passer par la case entoilage à la main. Parfois, de simples petites choses comme l’ajout d’une cigarette au niveau de la tête de manche (http://www.a-et-a.com/la_boutique_aeta_fr/blog/0025-comment-poser-cigarette-epaulette-feutre-couture-veste/) peuvent faire beaucoup d’effet.

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  4. Je n’ai qu’un mot à dire : Waouh! Quel article intéressant! Avant de voir passer sur ton compte Instagram ce manteau, je n’avais aucune idée de ce que pouvait être la méthode « tailleur » : ton article éclaire ma lanterne et pique clairement ma curiosité! Depuis un moment, j’ai l’impression de stagner au niveau technique en couture. C’est vraiment motivant pour moi de lire ici tes progrès qui te rapprochent à chaque projet un peu plus des finitions parfaites. Comme toi, après avoir réalisé plusieurs manteaux, je me rends compte que ce genre de techniques est indispensable pour un rendu vraiment net. J’espère avoir un jour le temps de me pencher plus attentivement sur ce sujet : le moment venu, ton article me sera donc bien utile 😉

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  5. Alors vraiment BRAVO ! Je suis impressionnée du travail accompli et de ta méticulosité (je ne sais pas si ça se dit tiens !) ! C’est canon de voir l’envers du décors et de pouvoir estimer la quantité de travail derrière une belle pièce ! J’adore lire ce genre d’article et étant donné que je vais me lancer dans un manteau prochainement, je vais certainement me tourner vers Crafsty. Merci pour toutes ces infos précieuses !

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  6. Salut!! voilà je pense me lancer dans le Blazer de Craftsy (classic tailoring, the balzer), le cours que tu as pris (si tu le conseil encore bien sur!!! ;-)).
    Mais il faut spécifier la taille sans aucun tableau de taille dispo. Aaaargh, est ce que tu as reçu un tableau des tailles avec le patron? C’est quoi la différence entre la taille 12 et 14 au niveau du tour de poitrine?? Merci Merci Merci beaucoup!!

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  7. Je viens de dévorer ton article et j’ai consulté tous les liens. J’ai noté des pages en favoris pour y retourner plus tard. Merci beaucoup du temps que tu as dû y consacrer. Je suis ravie de t’avoir decouverte grâce à Instagram, ce sont des couturières comme toi qui nourrissent ma passion !

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